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Renouveler les réseaux d’eau, oui, mais avec quels moyens ?

Publié le Lundi 24 Novembre

Article extrait du site internet "Maire-Info.com" publié le 21 Novembre 2014

 

 

C’est encore un article qui a fait sursauter plus d’un maire : le journal Les Échos d’hier a publié un article intitulé Réseaux d’eau, le grand gaspillage, où il révèle des chiffres du dernier rapport de l’Onema (Office national de l’eau et des milieux aquatiques).

 

Selon ces chiffres, il est à déplorer « un milliard de mètres cubes de fuites d’eau par an dans les réseaux d’eau potable, soit 20 % de l’eau traitée et mise en distribution est perdue ». Suit alors la petite phrase qui fâche : « L’origine des fuites d’eau est connue de longue date : c’est la faute aux collectivités locales qui n’investissent pas assez dans le renouvellement des canalisations », phrase assortie d’interviews de responsables des entreprises de canalisation qui abondent dans ce sens.
C’est Philippe Laurent, maire de Sceaux et vice-président de l’AMF, qui a été le premier à réagir sur son blog : « Il est fort dommage, écrit-il, que cette « enquête » n’ait pas jugé utile de donner la parole une seule fois à ceux qui exercent la responsabilité politique de l’eau : les élus locaux, et les maires en particulier. » Car les maires ne méconnaissent évidemment pas la situation de leurs réseaux d’eau, en étant les gestionnaires et les propriétaires. Jean Launay, ancien maire de Bretenoux (Lot), trésorier de l'AMF et président du Comité national de l’eau, le dit clairement à Maire info : « Lorsque, chaque année, nous calculons combien nous avons consommé d’eau et combien nous facturons, cela met en évidence les pertes ». Et elles sont souvent considérables – la commune dont Jean Launay était maire avait jusqu’à 60 % de pertes. Et il rappelle aussi qu’il a lui-même signé l’an dernier, au nom de l’AMF, la Charte de qualité des réseaux d’eau potable – preuve que « les maires sont bien conscients du problème ». D’ailleurs, on peut également rappeler que la loi Grenelle II oblige, depuis 2013, les services d’eau et d’assainissement à effectuer l’inventaire de leurs réseaux et à mettre en place un plan d’action le cas échéant.
Il n’y a donc pas de scoop : les réseaux d’eau sont victimes de fuites graves – même s’il faut aussi rappeler que l’eau qui fuit n’est pas perdue, contrairement à une idée reçue, mais qu’elle retourne tôt ou tard à la nappe. Et les collectivités ont le plus grand mal à investir dans le renouvellement des réseaux, vu la pression financière qui pèse sur elles. Pire : alors que ce sont les Agences de l’eau qui, le plus souvent, aident les collectivités à investir sur la rénovation des réseaux, Philippe Laurent rappelle que le budget 2015 prévoit « un prélèvement de 175 millions d’euros, renouvelable deux fois, sur les recettes des Agences ». Il y a donc, selon le maire de Sceaux, de « l’hypocrisie et du cynisme » à dénoncer le manque d’investissement des collectivités, tout en réduisant leurs moyens.
Jean Launay, de son côté, ne cherche pas à accuser la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau, qui s’exprimait hier dans les Échos : « La FP2E est dans son rôle lorsqu’elle dénonce les fuites, après tout, c’est son gagne-pain qui est en jeu ». Ce n’est pas d’hier que les associations d’élus s’expriment d’ailleurs en commun avec les fédérations professionnelles des travaux publics pour dire que collectivités et entreprises du secteur sont victimes, chacune, de la baisse des dotations et de la chute des investissements qu’elle provoque. Mais pour autant il est parfaitement injuste, pour Jean Launay, de résumer la situation à la « faute aux maires ». L’Onema elle-même chiffre à 800 millions d’euros, au moins, le coût des investissements à réaliser pour remettre les réseaux en état. Où les collectivités peuvent-elles trouver, aujourd’hui, ces moyens, alors que les concours financiers de l'État aux collectivités locales sont appelés à diminuer, en cumulé, de 28 milliards d'euros sur 2014-2017 ? D'autant que les maires vont aussi devoir supporter, dès 2016, les charges de la nouvelle compétence Gemapi (gestion de l'eau, des milieux aquatiques et protection des inondations) que leur confie la loi Maptam.

 

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