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Transfert de l’eau et de l’assainissent aux EPCI confirmé, mais avec un délai de grâce

Publié le Lundi 06 Juillet

Article extrait du site internet "Maire-Info.com" publié le 06 Juillet 2015

 

Une partie du débat d’hier, à l’Assemblée nationale, a porté sur le transfert obligatoire des compétences eau, assainissement et déchets vers les EPCI. Comme cela avait déjà été le cas en première lecture, en mars, la discussion a été particulièrement houleuse. Seule évolution : le délai a été repoussé à 2018 pour l’assainissement, et à 2020 pour l’eau, au lieu du 1er juillet 2017.

 

On se rappelle (lire Maire info du 5 mars) que ce transfert obligatoire a été introduit par surprise dans le texte, sous la forme d’un amendement gouvernemental, sans concertation ni avec les associations d’élus ni même en commissions. Cette façon de faire, jugée particulièrement cavalière par de nombreux élus, a été à nouveau critiquée hier dans l’hémicycle. Mais c’est surtout sur le fond que le débat a été agité. Plusieurs députés, dont deux vice-présidents de l’Association des maires de France, Martial Saddier et Annie Genevard, ont tenté, en vain, de faire reculer le gouvernement, en demandant le rétablissement, sur ces sujets, de la notion d’intérêt communautaire – c’est-à-dire le choix laissé aux élus de décider localement du transfert de telle ou telle compétence.

 

D’un côté, des élus ont dénoncé comme « brutal et manquant de pragmatisme » (Gérard Menuel) le fait d’imposer des transferts de compétence en la matière, accusant clairement le gouvernement de vouloir « en finir avec les communes » (Jean Lassalle), « vider les communes de leur substance et programmer leur mort » (Guy Geoffroy). De l’autre, le rapporteur du projet de loi, Olivier Dussopt, et la ministre de la Décentralisation, Marylise Lebranchu, ont défendu le transfert obligatoire comme « renforçant le rôle des communes ». « En généralisant l’intérêt communautaire, comme le demande l’Association des maires de France », a plaidé la ministre, « nous ferions apparaître de nouveaux doublons. Or, nous cherchons tous la clarification, la mutualisation, l’efficacité. »

 

Au-delà, un débat encore plus vif a éclaté lorsque le député de l’Essonne, Carlos Da Silva, s’est dit « choqué » par le « déni du rôle du Parlement » auquel se livreraient, selon lui, les maires désireux de laisser leurs compétences aux communes. « Le Parlement n’a pas pour vocation de laisser les élus locaux décider tout seuls, à leur rythme, de ce qu’il serait bon ou pas de faire. Nous représentons ici toute la nation française (…) et ce pouvoir est supérieur à celui des élus locaux ! ». Ces propos ont soulevé l’indignation d’une partie de l’Assemblée, Martial Saddier estimant par exemple « profondément choquant et particulièrement scandaleux » qu’un parlementaire affirme « que certains élus sont supérieurs à d’autres ». D’autres se sont montrés également très choqués que le député de l’Essonne ait utilisé le mot de « lobby » pour désigner les associations d’élus. « L’AMF n’est pas un lobby ! », s’est insurgée Annie Genevard, Guy Geoffroy rappelant que c’est « une association dont tous les membres ont été élus ».

 

Après ces longs et houleux échanges, le gouvernement a voulu mettre un peu d’huile dans les rouages en accordant un délai supplémentaire pour le transfert des compétences : l’amendement gouvernemental adopté fixe que la compétence assainissement ne devrait passer obligatoirement aux ECPI qu’en 2018 ; l’eau deviendrait compétence optionnelle des intercommunalités en 2018 et obligatoire à compter de 2020. « (Cela) donne le temps d’en discuter, a expliqué Maylise Lebranchu. Nous prévoyons un délai pour étudier la mise en œuvre, les modalités de gestion, en régie ou non. Bref, on a vraiment le temps, notamment, je le souligne pour ceux qui nous ont alertés sur ce point, pour protéger les régies. »

 
 

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