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L'Unaf mesure le chemin qu'il reste à faire pour que la réforme des rythmes scolaires soit "plus égalitaire"

Publié le Lundi 29 Février

Article extrait du site internet "Localtis.info" publié le 29 Février 2016

 

Favorable "depuis le début" à la réforme des rythmes scolaires, l'Union nationale des associations familiales (Unaf) semble elle-aussi déchanter à la lecture des résultats d'un sondage qu'elle a réalisé auprès de 4.000 familles. On y lit entre les lignes plusieurs effets pervers de la réforme : inégalité territoriale, inégalité sociale, désorganisation de la vie familiale, impact négatif sur le bien-être des enfants... L'Unaf ne désarme pas et formule plusieurs "pistes d'action".


L'Union nationale des associations familiales entend "porter la voix des familles" dans la réforme des rythmes scolaires, avec la publication, fin janvier, d'un sondage réalisé sur Internet et auquel près de 4.000 familles ont répondu. La méthodologie, certes, comporte un biais (seuls les parents qui voulaient s'exprimer sur le sujet ont répondu) ; les résultats n'en demeurent pas moins à méditer. Pour l'Unaf, ils "confirment que les activités périscolaires satisfont les enfants, mais qu'il reste du chemin pour que la réforme soit plus égalitaire et mieux perçue par les parents".
On y retiendra aussi que la participation des enfants aux nouvelles activités périscolaires (NAP) diffère fortement selon les régions : 92 % des enfants scolarisés en école publique d'Aquitaine y participent, 90 % des enfants de Basse-Normandie, mais ils ne sont plus que 20 % en Alsace et 37 % en Lorraine.

Ce serait les enfants ciblés par la réforme qui en profiteraient le moins

L'enquête de l'Unaf tendrait également à montrer que la participation est moins importante pour les enfants dont les parents sont inactifs ou au chômage, et/ou issus de familles monoparentales. Or "c'est prioritairement à ces enfants que la réforme devait proposer des activités auxquelles ils n'avaient pas forcément accès auparavant", regrette l'Unaf, qui indique au passage que, pour ces enfants, la participation est plus forte quand les activités sont toutes gratuites.
Pour autant, seulement 6% des parents qui ne mettent pas leur enfant en NAP invoquent le motif financier. 26% c'est parce qu'ils préfèrent que leur enfant rentre plus tôt à la maison, et 23% parce qu'ils estiment que les activités proposées manquent d'intérêt. D'autres motifs sont invoqués : parce que les activités proposées ne sont pas adaptées (notamment pour les petits de maternelle), ou qu'elles sont incompatibles avec les horaires du bus scolaire, ou que l'enfant est/serait trop fatigué, ou tout simplement par principe...
L'Unaf en conclue que "pour les parents, il s'agit donc moins d'un rejet de leur part des nouvelles activités périscolaires que d'un manque de possibilité dans l'école et/ou d'activités adaptées au cas de l'enfant".

77% des parents estiment qu'ils n'ont pas assez de contact avec les animateurs

53% des parents trouvent que le personnel qui encadre les activités est plutôt compétent. Plus des trois quarts (77% exactement) estiment qu'ils n'ont pas assez de contact avec les animateurs et, ceci expliquant sans doute en partie cela, 66% déplorent un manque d'informations concernant les NAP. A noter également qu'une petite moitié seulement (51%) estime que les locaux sont adaptés aux activités.
79% des parents constate que la réforme a eu un impact sur l'organisation de leur vie familiale. Parmi eux, seuls 2% constatent un impact "plutôt positif", 87% un impact "plutôt négatif", et 11% un impact "sans importance". "Ce résultat est important et montre que l'impact de la réforme sur la désorganisation de la vie familiale n'est pas à négliger", commente l'Unaf.
1% estiment que la réforme a eu un effet "très positif" sur le bien-être de leurs enfants

Et le bien-être des enfants ?

Quant au bien-être des enfants eux-mêmes, les parents ne semblent pas, au regard de ce sondage, convaincus par les arguments avancés par les chronobiologistes (notamment dans la note de l'Académie de médecine du 19 janvier 2010). Seuls 1% des parents estiment que la réforme a eu un effet "très positif" sur le bien-être des enfants, 4% un effet "plutôt positif", 13% sans effet particulier, 42% un effet "plutôt négatif" et même 27% un effet "très négatif" (13% sans réponse).
L'Unaf relève que cette perception des parents est meilleure quand leurs enfants apprécient les activités périscolaires (le taux passe de 42% d'opinions plutôt négatives et 27% d'opinions très négatives, à 40% d'opinions plutôt négatives et 11% d'opinions très négatives). De leurs côtés, les parents sont seulement 47% à juger que les activités sont "intéressantes ou amusantes".

Paradoxe alsacien

Et les enfants ? 18 % disent à leur parents qu'ils n'aiment "pas tellement" les activités proposées, mais 31 % aiment bien, et pour 46 % "cela dépend des activités". L'Unaf note qu'il n'y a pas d'impact de la perception des activités périscolaires par les enfants selon le moment de la journée où elles se déroulent, ni selon leur organisation sur la semaine (sur 1, 2, 3 ou 4 journées).
Là où cela change beaucoup, en revanche, c'est une fois encore selon les régions. Les régions Centre et Provence Alpes Côte d'Azur sont celles qui enregistrent un taux de satisfaction moins élevé (respectivement 59 % et 64 % d'enfants ayant une bonne perception de leur NAP). Les enfants du Limousin, en revanche, sont satisfaits à 96 %, et les petits alsaciens à 87 %. L'Alsace est ainsi la 2e région plébiscitée par les enfants, et celle où les NAP sont les moins fréquentées.

Toujours favorable à "l'esprit de la réforme"

"Depuis le début, l'Unaf est favorable à l'esprit de cette réforme", a-t-elle rappelé, mettant en avant "des journées scolaires plus courtes et mieux réparties sur la semaine favorables au bien-être des enfants" et" des activités périscolaires de qualité accessibles à tous les enfants". Puis, durant la phase d'expérimentation, l'Unaf avait manifesté son inquiétude sur l'importance des coûts de mise en œuvre pour les collectivités, pour la branche famille de la Cnaf et pour les familles. Alors que cette question budgétaire fait toujours débat (cf. nos articles ci-contre), l'Unaf avance trois autres pistes d'action.
Elle demande ainsi aux communes de "veiller à une offre qui puissent effectivement inclurent tous les enfants, quelle que soit leur situation". Car "le cout pour les familles ne doit pas constituer un frein à la participation et si les activités doivent être payantes, elles doivent être soumises au quotient familial".

Améliorer la communication auprès des parents

L'Unaf suggère ensuite aux communes et aux établissements scolaires de "trouver des aménagements pour mieux fluidifier les différents temps des enfants". Communes et écoles devraient aussi "améliorer la communication auprès des parents et insister sur l'intérêt pour l'ensemble des enfants de bénéficier de ces nouvelles activités".
Le troisième point concerne indirectement les collectivités, ou tout du moins dans leur rôle d'employeurs. L'Unaf ne peut en effet rester insensible à "l'impact négatif de la réforme en termes d'organisation et de conciliation vie familiale / vie professionnelle". Selon elle, "les entreprises ont ici un rôle à jouer pour mieux prendre en compte la parentalité et les contraintes des parents de jeunes enfants". Elle propose : "Les temps partiels organisés en fonction des rythmes des enfants peuvent nécessiter d'être revus."

Valérie Liquet

 

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